Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la rose, vers 1482.
(Arch. dép. du Loiret, BH M 3754)
29 juin 2013
Du 29 juin au 29 septembre 2013, Le Roman de la Rose, document prestigieux des Archives, est exposé au château de Chamerolles à l'occasion de l'exposition "Rose passion. Reine des jardins, reine des parfums"
Le Roman de la Rose est une œuvre littéraire qui eut une influence considérable dans toute l'Europe. On la doit à deux auteurs de la région, Guillaume de Lorris et Jean de Meung.
Les auteurs, Guillaume de Lorris et Jean de Meung
Le premier, fils d'un officier royal attaché à la forêt d'Orléans proche de Lorris, rédigea, vers 1230, un poème allégorique de 4000 vers qu'il laissa inachevé. Dans ce poème, le poète Amant cherche à conquérir la Rose dont son cœur s'est épris, c'est-à-dire la jeune fille qu'il aime. Autour de celle-ci, évoluent complices et adversaires de l'amour. Cette quête de la rose est un véritable code de l'amour courtois. Avec le Roman, le jardin devient un lieu de bonheur idéal.
Le second auteur, Jean Chopinel, originaire de Meung-sur-Loire, est un clerc érudit. Il détourne l'œuvre de son but premier et, tout au long d'une deuxième partie composée de 18000 vers, disserte sur tous les sujets susceptibles d'intéresser ses contemporains. Il donne la parole à Raison et Nature, exprimant à travers elles ses idées sur l'origine de la royauté, la noblesse, le mariage, la richesse, la liberté, etc.
Un ouvrage rarissime
Cet ouvrage est un des rarissimes exemplaires de la première édition imprimée du Roman de la Rose réalisée par un éditeur genevois en 1481; seuls treize exemplaires équivalents sont à ce jour répertoriés dans des collections publiques.
Les premières publications du Roman de la Rose furent bien sûr manuscrites (il en subsiste plus de 250 exemplaires), puis l'imprimerie permit de multiplier les éditions dans lesquelles les gravures sur bois se substituent aux peintures avec plus ou moins de bonheur.
Les premiers livres imprimés ressemblent aux manuscrits à s'y méprendre : les caractères typographiques imitent habilement l'écriture calligraphiée. Dans l'exemplaire présenté, demeuré inachevé, une place blanche est réservée dans le texte pour le travail de l'enlumineur, au début des chapitres et des paragraphes, pour l'initiale ou le titre. De même, la gravure n'est d'abord qu'un schéma pour la miniature qui doit la recouvrir.